En ce début de mai 2026, je célèbre 20 ans de pratique en massothérapie.
Vingt ans à poser mes mains sur des corps différents.
Vingt ans à écouter des histoires qui ne se disent pas toujours avec des mots.
Et pourtant… rien ne me destinait à réussir dans ce métier.
Lors de ma toute première formation en massage suédois, tout semblait jouer contre moi.
Je doutais. Je me comparais.
Je me mettais moi-même des bâtons dans les roues avant même que la vie s’en charge.
J’avais un TDAH que je ne comprenais pas encore vraiment.
Je sentais bien que je n’apprenais pas comme les autres.
Que je ne fonctionnais pas comme le modèle attendu.
Et pendant longtemps, j’ai cru que c’était une faiblesse.
Avec le recul, je sais aujourd’hui que ce n’était pas un défaut.
C’était une façon différente de comprendre…et de ressentir
Au fil des années, j’ai appris à compenser.
Pas en devenant quelqu’un d’autre.
Mais en développant ce qui ne s’enseigne pas dans les livres.
L’humanisme.
L’écoute réelle, celle qui va au-delà des symptômes.
L’instinct.
Cette capacité à sentir quand il faut appuyer… et quand il faut simplement être là.
Bien sûr, les formations continues ont été essentielles.
Elles m’ont donné des outils, des repères, une structure.
Mais elles n’expliquent pas tout.
Elles n’expliquent pas pourquoi, parfois, une main posée au bon endroit suffit à faire tomber une armure.
Elles n’expliquent pas pourquoi certaines douleurs résistent à tout… sauf à la reconnaissance.
Elles n’expliquent pas pourquoi un corps se détend quand il se sent enfin compris.
Ce que j’ai appris en 20 ans, c’est que le corps ne ment jamais.
Mais il parle un langage subtil.
Et pour l’entendre, il faut autre chose que de la technique.
Il faut de la présence.
Il faut du respect.
Il faut accepter de ne pas toujours savoir… et rester à l’écoute quand même.
Si je suis encore là aujourd’hui, après 20 ans, ce n’est pas parce que j’étais prédestiné.
C’est parce que j’ai choisi, jour après jour, de continuer.
De m’adapter.
D’écouter.
D’apprendre autrement.
À toutes les personnes qui m’ont fait confiance au fil des ans,
merci de m’avoir permis de grandir avec vous.
Merci pour vos corps, vos histoires, vos silences aussi.
Merci de m’avoir appris que la massothérapie est bien plus qu’un soin.
C’est une rencontre.
Et ce chemin-là, je continue de le parcourir,
avec la même curiosité,
la même humilité,
et toujours cette profonde conviction :
Le corps sait.
Il faut juste apprendre à l’écouter. Comme mon TDAH que je comprends et qui m’aide aujourd’hui bien plus qu’il ne me nuit!
Au fil de ces 20 années, mes mains m’ont amené bien plus loin que je ne l’aurais imaginé.
J’ai commencé simplement.
Dans un salon de beauté, il y a maintenant 20 ans.
J’y ai travaillé pendant un an.
Puis, j’ai fait un choix un peu fou : partir dans l’Ouest canadien.
À ce moment-là, je ne pensais pas vraiment devenir massothérapeute là-bas.
Je me donnais moins de 5 % de chances d’y arriver.
Et pourtant…
Je me suis ouvert des portes.
Et j’ai eu l’opportunité de travailler comme massothérapeute au Château Lake Louise.
Je suis resté dans l’Ouest pendant deux ans et demi.
C’est aussi là-bas que j’ai vécu quelques moments inattendus…
comme masser Leonardo DiCaprio, à plusieurs reprises.
Et c’est également là qu’une idée a commencé à s’installer.
Un jour, en regardant Pierre Lavoie à la télévision, je me suis dit :
« Un jour, j’aimerais faire partie de ça. »
Pourtant, j’étais à 4000 km.
Et je ne voyais pas comment.
Quelques temps plus tard, je suis revenu au Québec.
Je me suis installé à Granby, dans un salon de coiffure sur la rue principale.
Et je me suis fait une promesse :
Un jour, j’aurai mon centre de massothérapie.
Je me donnais cinq ans.
Je l’ai fait en quatre… Mon TDAH a été d’une grande aide!
J’ai fondé O’kiné Massothérapie.
Un centre que j’ai dirigé pendant huit ans, avec une équipe de massothérapeutes dont je suis encore aujourd’hui très fier, malgré la fermeture en 2021.
Pendant ces années, j’ai continué à faire évoluer ma pratique.
J’ai commencé avec une opportunité au Challenger de tennis à Granby, maintenant appelé les Championnats Banque Nationale de Granby.
Puis j’ai décidé de ne pas attendre que les opportunités viennent à moi.
J’ai trouvé ma place à la Coupe Rogers à Montréal, à travailler auprès des meilleurs joueurs de tennis au monde, tout en continuant à accompagner l’élite de demain.
Mais au fond, ce qui donne un sens à tout ça, ce ne sont pas seulement ces moments-là.
Ce sont les personnes que je rencontre chaque semaine.
La dame âgée.
Le jeune étudiant.
La future maman.
La personne épuisée… ou celle qui se relève.
Et il y a ces idées qui nous habitent longtemps.
Celles qui ne nous quittent pas.
J’ai commencé à m’impliquer avec les jeunes du secondaire dans le cadre du Grand défi Pierre Lavoie.
Pendant plusieurs années, je les ai accompagnés dans leur course à relais entre Montréal et Québec.
Puis j’ai ouvert une autre porte.
Je suis devenu massothérapeute pour l’équipe de vélo de l’Assemblée nationale lors du 1000 km.
Et un jour, j’ai franchi une autre étape.
Je suis devenu commanditaire d’une équipe.
Une équipe qui portait le nom d’O’Kiné Massothérapie.
J’en étais fier.
Deux ans plus tard, j’y étais encore.
Toujours comme commanditaire…
mais cette fois, aussi comme cycliste.
Comme quoi, le jeune homme qui se posait la question, à 4000 km de là…
a fini par devenir celui qui l’a fait.
Si je regarde ces 20 années avec recul, ce dont je suis le plus fier, ce n’est pas seulement d’avoir duré…
C’est d’avoir été là, vraiment là.
Pendant 18 de ces 20 années, à temps plein.
À bâtir ma pratique, une personne à la fois.
À faire les bons choix, dès le début, pour pouvoir y être pleinement.
Les premières années ne pouvaient pas être à temps plein.
J’ai commencé à temps partiel, puis j’ai recommencé à zéro en arrivant à Granby.
À une époque où tout se construisait plus lentement… et différemment.
Mais dès le départ, chaque décision allait dans le même sens.
Chaque client, chaque effort, chaque ajustement.
Je croyais pouvoir vivre de ma profession rapidement… et j’y suis parvenu, malgré les défis qu’implique le fait de repartir à zéro dans une nouvelle ville.
Ma passion est devenue mon quotidien.
Et elle l’est restée.
Mais rien de tout ça n’aurait été possible sans vous.
Parce qu’au-delà de croire en mes moyens…
il fallait que quelqu’un d’autre y croit aussi.
Et depuis 20 ans… vous êtes là.

