En massothérapie, il arrive parfois que le corps manifeste des réactions qui dépassent le simple relâchement musculaire. Certaines personnes peuvent ressentir des mouvements involontaires, des ajustements spontanés du corps ou des vagues de détente qui se propagent d’une région à l’autre.
Ces réactions peuvent être liées à ce qu’on appelle une réorganisation tonique.
Le tonus musculaire est régulé en grande partie par le système nerveux. Il s’agit d’une activité de base des muscles qui permet de maintenir la posture et de préparer le corps au mouvement. Ce tonus est constamment ajusté grâce aux informations sensorielles provenant des muscles, des fascias, des articulations et de la peau.
Les fascias jouent un rôle important dans ce processus. Ce tissu conjonctif, qui relie toutes les structures du corps, est très riche en récepteurs sensoriels. Lorsqu’un travail manuel précis est appliqué sur ces tissus, cela envoie une grande quantité d’informations au système nerveux.
Le cerveau peut alors réévaluer la façon dont les tensions sont réparties dans le corps.
Dans certains cas, cette réorganisation se manifeste par des mouvements spontanés du corps. Par exemple, lors d’un travail sur les tissus, une personne peut commencer à bouger doucement la tête, parfois avec un mouvement qui ressemble à une vague qui se propage dans le corps.
Ce mouvement n’est pas nécessairement isolé ou ponctuel. Il peut se produire de façon continue pendant plusieurs secondes, et parfois même pendant quelques minutes. Le corps semble alors suivre un rythme naturel, comme s’il cherchait progressivement à relâcher certaines tensions et à retrouver une organisation plus fluide.
Ces mouvements ne sont généralement pas volontaires. Ils correspondent plutôt à une réponse du système nerveux qui ajuste progressivement le tonus musculaire et la coordination entre différentes chaînes musculaires et fasciales.
On peut alors observer que certaines tensions diminuent, que la respiration change ou que le corps cherche naturellement une nouvelle position plus confortable.
En tant que massothérapeute, je considère que l’important est d’accompagner ce processus sans le forcer. Lorsque ce type de réaction apparaît, je n’ai généralement pas besoin d’intervenir ni de corriger le mouvement. Je reste présent et j’utilise le toucher comme un repère sensoriel sécurisant, permettant au système nerveux de poursuivre son ajustement. J’observe, j’accompagne et je laisse simplement le corps faire son travail, tout en poursuivant le travail manuel que j’étais en train d’effectuer au moment où ce processus s’est déclenché.
Parfois, le meilleur geste du massothérapeute n’est pas d’en faire plus… mais simplement de laisser le corps terminer ce qu’il a commencé.
— Benoît Racine, massothérapeute

