Démystifier l’élongation, le claquage et la déchirure

01
Fév 2021

Élongation :

L’élongation est un allongement des fibres musculaires au-delà de leur élasticité créant plusieurs fissures et pouvant aboutir à des déchirures musculaires, mais sans atteinte tissulaire importante. En fait, le muscle est allé plus loin que ce qu’il est normalement capable. À la suite d’une élongation, appliquer de la glace sur la région concernée à une fréquence de 10-12 minutes aux heures quelques fois par jour vous aidera à guérir plus rapidement.

Si vous avez besoin d’une récupération rapide à la suite d’une élongation, sachez qu’il est possible d’augmenter le processus de guérison avec quelques techniques de massage.  Par exemple, le rapprochement des fibres musculaires est tout indiqué pour une élongation. Autrement, un repos de quelques jours sera la clé pour la guérison.

Claquage :

Le claquage consiste en une blessure plus grave que l’élongation. Il implique la déchirure d’une quantité de fibres dans ce que l’on appelle le ventre musculaire ou des fibres du tendon. Ces déchirures sont accompagnées d’une hémorragie locale. La douleur, souvent assimilée à un coup de poignard, est soudaine et violente pendant une activité physique. Le claquage impose l’arrêt immédiat de l’activité. Très souvent, se fait entendre un bruit de claquage musculaire. La douleur est présente même au repos et entraîne une impotence fonctionnelle totale. En bref, la douleur vous imposera un repos beaucoup plus long qu’une simple élongation et une déchirure mal soignée peut apporter des complications et d’autres blessures plus importantes.

Comme pour l’élongation, l’application immédiate de glace (10-12 minutes toutes les heures) est recommandée lorsqu’il s’agit d’un claquage. En moyenne, vous devrez faire un arrêt de 3 semaines avant de reprendre l’activité physique.

Il y a trois degrés de claquage et comme les symptômes ressemblent à d’autres blessures, il est donc facile de les confondre avec d’autres blessures. Le premier degré du claquage est difficile à déceler puisque les symptômes peuvent être similaires à une contracture. La douleur est relativement légère et le muscle conserve ses propriétés physiques. En ce qui a trait au deuxième degré, la douleur est plus importante, la texture du muscle change, la fonction est affectée et il peut y avoir de l’enflure et une ecchymose (le bon vieux bleu). Au troisième degré, la douleur est très importante, le muscle perd ses fonctions et l’enflure est importante.

Le massage :

À moins d’avoir reçu le résultat d’un test médical, l’historique de blessure du client nous aide en tant que massothérapeute à comprendre la gravité de la blessure. Comme je le mentionne régulièrement, nous ne sommes pas médecins. La collaboration avec des professionnels d’autres domaines, comme des physiothérapeutes ou des chiropraticiens sportifs comme par exemple de ProAction Chiropratique (nos voisins d’en dessous), est souvent primordiale pour notre client et nous-mêmes.

Comme massothérapeute, je travaille souvent en périphérie de la blessure et la fasciathérapie sera tout indiquée pour faire du travail direct quand le corps le permettra. Selon la gravité du claquage, un protocole de travail pourrait être établi par le physiothérapeute ou le chiropraticien, et un membre de l’équipe d’O’kiné massothérapie pourra travailler en complémentarité.

La déchirure :

La déchirure, heureusement rare, est l’accident le plus grave. Elle se produit lors d’un effort important ou d’une contusion directe. Souvent, elle est le résultat de l’aggravation d’une blessure déjà présente, d’un mauvais échauffement ou de gestes mal adaptés. Certains facteurs prédisposent à une rupture musculaire ou tendineuse ; des maladies comme la polyarthrite rhumatoïde et les tendinites chroniques fragilisent le tendon.

Le traitement dépend de l’importance de la lésion et des données de l’échographie qui permet d’évaluer précisément la taille de l’hématome (une échographie en urgence est peu significative, l’hématome n’étant pas encore totalement constitué). Le traitement comporte un glaçage immédiat, un bandage compressif, la surélévation du membre et des antalgiques. Selon l’importance de la lésion, l’arrêt de l’activité sportive peut durer de 2 à 6 mois. La reprise du sport doit être progressive. Des séquelles peuvent survenir, comme la calcification de l’hématome, notamment dans le quadriceps (opérable si la gêne est importante), ou des tissus cicatriciels. Ces séquelles apparaissent le plus souvent lors d’une reprise trop précoce de l’activité ou si des massages inappropriés ont été pratiqués en période aiguë.

Le massage:

Souvent, une déchirure musculaire nécessitera une réhabilitation. Il vous faudra respecter les conseils et le traitement de physiothérapie ainsi que le nombre de séances prescrites afin de réduire le risque de récidive et de fibrose. Plus vous suivrez ce qui est prescrit, plus facile sera le travail de votre massothérapeute dans la réhabilitation.

Chaque pratique possède ses atouts particuliers et c’est pourquoi j’aime bien travailler en partenariat avec les physiothérapeutes. Les deux disciplines se complètent très bien. Dans ce genre de blessures, le tissu cicatriciel s’installe peu à peu durant le processus de guérison. C’est-à-dire qu’une cicatrice se formera à l’intérieur du muscle et le rigidifiera, rendant les contractions musculaires douloureuses. Dans un processus inflammatoire, il est recommandé de ne pas travailler directement sur une blessure. Cependant, il est permis de masser en périphérie, et ce, même quelques jours après la déchirure. Par la suite, dès que possible, soit quelques semaines après la blessure ou selon le cas quelques mois, un travail direct peut être effectué. La fasciathérapie est indiquée pour cette blessure. Selon la gravité de la déchirure et le processus de guérison, d’autres techniques plus profondes pourraient être utilisées en complémentarité.

Lors de blessures, j’ai toujours préconisé un travail multidisciplinaire. C’est pourquoi, selon les blessures, je recommande régulièrement la consultation d’un chiropraticien, physiothérapeute ou ostéopathe à ma clientèle. Je ne suis pas meilleur qu’un autre et je sais ce dont le corps a besoin. Il n’est pas rare, pour l’avoir moi-même expérimenté à la suite d’une triple fracture et d’une capsulite à l’épaule, de bénéficier des bienfaits plus rapidement à la suite d’un travail manuel complémentaire à la massothérapie.

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