Merci 2020. Bonjour 2021

03
Jan 2021

Merci 2020!

Par où commencer en repensant à 2020? Isshhhh? Année de mar**? Résilience? Perte? Il y a autant de qualificatifs pour la décrire que de gens qui l’ont vécue. Je ne savais pas quoi écrire comme vœu du nouvel an. En tant que propriétaire d’une entreprise, un simple «Bonne année» serait froid.  Encore plus vrai en tant que propriétaire d’un centre de massothérapie et d’un homme qui pratique ce beau métier depuis bientôt 15 ans. On me dit souvent que j’ai les bons mots, mais en cette fin d’année 2020, je n’étais pas inspiré. Pendant une rando dans la belle région d’Orford, seul avec mon Ipod sous le soleil du 1er janvier, j’ai compris ce qui devait être écrit, et surtout, quoi penser de 2020.

Le gouvernement a décrété mon métier essentiel. Je peux donc dire par la bande que je suis essentiel (laissez moi ce petit bonheur de le penser SVP!) Malgré 15 ans de pratique et comptant 11 000 massages effectués en carrière, je n’ai jamais saisi à quel point je suis important ou non dans la vie des gens.

Comme vous, je ne peux pas faire de câlins. Un câlin, geste si simple et parfois presque anodin tellement ce geste est ancré en nous.  Geste banni depuis une certaine journée de mars, journée qui a chamboulé toutes nos vies, que l’on ait dû arrêter de travailler ou non. Dans l’émission «Les coulisses du Bye Bye», on voit Hélène Bourgeois-Leclerc, alias Dolorès Bougon, qui revoit sa gang pour une première fois en 5 ans. On a pu voir à quel point elle se retenait pour ne pas faire de câlins à ses anciens «partners in crime» et les émotions vécus à ce moment.  Même à travers l’écran, elle n’a pu cacher ses sentiments. J’ai eu mal en regardant cette scène qui n’était dans aucun script au début de 2020, mais qui est devenu un moment douloureuxque nous humains, connaissons trop bien à présent.

Ma table de travail

Comme toi, je ne peux faire de câlin, mais j’ai la chance d’être essentiel à la société.  J’ai le droit de toucher des humains! Mon métier me donne ce privilège. Quand j’habitais en Alberta, je menais deux vies de front, soit celle de massothérapeute et celle de randonneur. La masso m’aidait à pratiquer ma passion et ma passion me permettait de réaliser à quel point j’étais bien dans ma salle fermée, devant ma table de travail (qui n’en était pas une), un bipède allongé dessus.  Jour après jour, j’étais soit en train de masser ou en randonnée, parfois les deux dans la même journée. Ma table de travail, qui n’en est pas une, me donne le plus beau des privilèges qui soient, le contact humain.

Chaque humain (ou presque!!) m’apporte quelque chose. Et j’ose espérer que je peux apporter aussi à l’humain installé sur ma table de massage. Depuis longtemps, j’ai réalisé qu’une table de massage n’est pas la table de mon gagne-pain. Elle me donne le privilège de prendre soin des gens et de faire de belles rencontres. Parfois l’humain a un besoin qu’il ignore. Parfois c’est d’une oreille attentive, parfois c’est de décrocher et lâcher prise ou encore, se faire «bucher dessus». Parfois même, c’est pleurer ou rire sans trop savoir pourquoi. Parfois c’est le besoin fondamental de retourner à l’essentiel en retrouvant la chaleur d’un contact humain et se faire toucher… malgré le port du masque qui est de mise.

Quinze ans de carrière!! Il y a maintenant 14 ans que j’ai réalisé que je ne travaille pas. Et j’ai réalisé seulement en juin dernier que les humains me sont essentiels et non pas d’un point de vue monétaire.  Essentiels à mon besoin de communiquer, d’échanger, essentiel à mon intelligence. Et tout ça, pour ne réaliser qu’à la mi-décembre que je peux être si important pour toi. Mieux vaut tard que jamais et je te remercie pour ça 2020.

Je considère ma vision de 2020 comme un mini wheat. D’un côté, il y a la douleur et les pertes causés à tous, moi y compris, mais d’un autre côté, je veux aussi lui dire merci pour l’aspect humain. Pour cette chaleur que j’ai encore le droit de procurer à ma chère clientèle et ainsi faire une différence parfois cruciale dans la vie des gens.

Place à 2021

À toi 2021, je te demande de prendre soin de ceux pour qui je ne peux rien faire sauf de les apaiser l’espace d’un instant. Je veux que tu prennes soin de ceux qui éprouvent des difficultés avec leur entreprise. N’oublie pas de donner un répit à ma tenancière de bar que j’adore tant. Je veux que tu prennes soin des travailleurs de la santé pour ne pas qu’ils tombent au combat… on a trop besoin d’eux. Je veux que tu libères de leur cage les personnes à risque de contracter cette merde que l’on appelle le Coronavirus. Et je pense que tu dois vraiment prendre soin de ceux qui ont hâte de faire un câlin à un proche.

2021, je te donne la permission de faire ce que tu veux avec ceux qui n’ont rien compris en 2020, mais soit tout de même indulgent envers ceux qui ont fait beaucoup d’efforts sans toutefois être parfaits.

Ah pis 2021… On peut se permettre la fièvre des séries. Pis rapporte donc une coupe à Montréal tant qu’à faire. Saison écourtée ou pas, on va la prendre pour mettre un baume sur nos plaies, ne serait-ce que pour quelques jours.

Merci Patrice Michaud et Alexandre Poulin de m’avoir inspiré. Pat tu m’as inspiré ces mots m’ayant accompagné lors de ma première randonnée de l’année. Alex tu m’accompagnes dans la vie depuis 2008-2009 déjà. Et quel bel adon, c’est vous que j’ai vu en spectacle à la mi-mars avant que tout ferme. Bonne année à vous deux et merci d’être dans nos vies.

Bonne année à tous

Benoît

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